Le 6 janvier 2026, au palais des Nations Unies, la 15e conférence FerMUN ouvre officiellement ses portes. 610 jeunes étudiants issus de 30 écoles et 17 pays différents sont réunis pour une nouvelle édition enrichissante et mondiale.
La cérémonie d’ouverture de la conférence est marquée par un fort engagement et une passion débordante de toutes les générations.
La cérémonie d’ouverture du FerMUN 2026 s’ouvre par un discours de Madame Tatiana Valovaya, Directrice générale du Bureau des Nations Unies à Genève. Madame Valovaya rappelle l’importance de préserver l’héritage et l’histoire des Nations Unies, mais aussi de trouver des solutions aux enjeux modernes, comme le droit du travail ou l’économie informelle. Abdul-Salam Antwi poursuit avec un discours inspirant et percutant : selon lui, les élèves peuvent prendre la casquette d’un diplomate, car il n’y a en réalité pas d’âge pour agir. La jeunesse offre des réponses, des pistes de réflexion, et des idées pour changer les choses. Abdul-Salam rappelle que l’avenir est entre les mains des jeunes, grâce aux articles que l’on écrit, aux résolutions que l’on prépare, aux amendements que l’on fait : “Vous ne jouez pas seulement le rôle d’un délégué ou d’un président. Vous en devenez un ” souligne Abdul-Salam. Madame Jurgensen, représentante permanente de la France auprès des Nations Unies, ajoute que le multilatéralisme n’est pas uniquement l’affaire des diplomates et du gouvernement, mais celle de chacun d’entre nous.
Quand on parle de jeunesse, il n’est pas seulement question d’adolescents et de jeunes adultes, mais aussi d’enfants. Mathéo, Léna et Léonie, des élèves venant de l’école primaire Jean Calas, expliquent que dans leur école, ils s’entraînent à débattre, à argumenter, à écouter les points de vue des autres. Ils discutent de thématiques telles que l’égalité des sexes, en observant des phénomènes discriminatoires liés au genre à l’école. Mathéo rappelle que « Même à 9 ans ou 10 ans on peut parler de sujets importants. ». Plusieurs discours remercient les directeurs de FerMUN, l’opinion de tous, pour nous avoir accompagnés, encouragés et soutenus, et en particulier Philippe Launay pour qui cette conférence est la dernière, au regret de tous.
Les Nations Unies regorgent de talents aujourd’hui
Le diable s’habille en Prada et Gossip Girl, deux classiques iconiques, s’invitent dans la vidéo d’ouverture – les Nations Unies regorgent de talents et de créativité aujourd’hui. Les participants de FerMUN, ne se limitant pas aux relations internationales et à la diplomatie, excellent par une polyvalence dans plusieurs autres domaines. Ishani Petitjean et Sarra-Maya Hadiji adoucissent l’atmosphère avec deux prestations de guitare remarquables, l’intermède musical étant une tradition de FerMUN. Quant à la deuxième vidéo, une reprise du clip de la chanson Azizam d’Ed Sheeran, elle illustre parfaitement la dimension cosmopolite de FerMUN et l’esprit de coopération, avec la participation de nombreuses écoles.
Le multilatéralisme est plus que jamais remis en question
Dans un monde fracturé par des conflits internationaux, le réchauffement climatique, ou encore l’IA, le multilatéralisme est plus que jamais remis en question (la coopération inter-étatique pour les prises de décisions, ndlr). Ces discours provoquent une réflexion quant à l’efficacité des organisations internationales. La loi du plus fort risque-t-elle de bientôt dominer sur la scène mondiale ? Cette thématique, au cœur de notre conférence, est lancée par Alain Le Roy, Ambassadeur de France et ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies, ainsi que quatre jeunes étudiants ayant gagné le concours d’éloquence de FerMUN. M. Le Roy apporte une explication profonde et éclairante avec un fonds historique au sujet. Celui-ci défend l’efficacité et la légitimité de l’ONU, bien que certaines crises soient difficiles à régler. “Bien sûr, l’ONU n’est pas parfaite, mais quand elle n’est pas là, c’est encore plus catastrophique”. Selon lui, la solution est de réformer l’ONU, pas de la dissoudre.
Quant aux paroles des jeunes, elles témoignent d’un engagement et d’une prise de responsabilités par notre génération, avec la dénonciation des accords non respectés et une critique du conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi l’importance de comprendre les points de vue des autres et de ne pas voir la différence comme un obstacle. Une étudiante mentionne l’impact des réseaux sociaux et de l’IA sur la patience des jeunes qui s’essouffle face aux crises non résolues. Elle précise tout de même le fait que la génération Z reste une “génération optimiste”. Un autre élève propose un discours éveillant les consciences sur la chute du dialogue, sur le fossé se creusant entre le discours et la pratique, et l’affaiblissement de la confiance entre les organisations internationales et les Etats-Unis (avec la politique extérieure de Trump) : “une pathologie menace le multilatéralisme”. De nombreuses questions se posent : le droit de veto doit-il être modifié ? Comment les enjeux géopolitiques doivent-ils être gérés ? Si les avis divergent par rapport à cette crise, entre visions optimistes et plus critiques, des perspectives globales et locales, tous sont d’accord sur un point : le multilatéralisme est indispensable, et la jeunesse joue un rôle clé dans la remise en place de la discussion au sein de la communauté internationale.
Étudiants et experts affirment tous que les discours ne reflètent pas la réalité actuelle, qu’il faut appliquer les décisions théoriques dans la pratique : mais les délégués seront-ils à la hauteur de leurs propres attentes ? Sauront-ils respecter cette consigne qu’ils ont délivrée aux organisations internationales ? On le découvrira ces prochains jours.
Hélène Khukhunaishvili