MockMUN 2026 : Une journée de préparation pour FerMUN 2027.

En ce lundi 8 juin 2026, alors que le baccalauréat approche à grands pas, le lycée international de Saint‑Genis‑Pouilly s’est transformé en une vraie ONG pour accueillir près de 200 élèves en préparation pour la conférence de FerMUN 2027. À travers débats, amendements et résolutions, les élèves cherchent ensemble des compromis et des solutions face à différents problèmes. Dans une société toujours plus complexe et face à une actualité sous tension, le thème de la liberté est souvent mis de côté pour prioriser la sécurité collective, quitte à fâcher les populations en leur retirant leur indépendance. Cette opposition est aujourd’hui débattue et discutée dans les différents comités, à travers différents points de vue. Leur travail sur de nombreux compromis est un entraînement sérieux pour la future conférence de FerMUN 2027.

La liberté des droits LGBTQIA+ face aux traditions ou normes culturelles

Alors que des droits fondamentaux sont encore discutés, notamment les droits à la liberté pour la communauté LGBTQIA+, de nombreux États membres restent encore très opposés à cette demande – c’est le cas de la Tunisie. Cette réticence reste très problématique aux yeux des pays défenseurs de ces droits, notamment l’Allemagne, mais des progrès sont observés pour des pays comme le Brésil ou encore l’Afrique du Sud. Malgré leur forte divergence idéologique dans le passé, les mouvements en faveur de ces droits sont de plus en plus nombreux, ce qui mène à de vrais changements.

La liberté individuelle de l’euthanasie contre la responsabilité collective

Alors que la question de la possibilité d’une mort assistée est débattue, la question soulève néanmoins des dilemmes éthiques. La mort étant toujours un sujet considéré comme tabou, la question du suicide assisté reste très discutée ; faut‑il prioriser la liberté individuelle ou la responsabilité collective ? De nombreux pays comme la Colombie, la Suisse ou encore la Nouvelle‑Zélande sont opposés à cette thématique de mort volontaire médicale.

L’espionnage remis en cause dans ses réglementations

Au sein du comité axé sur l’espionnage, la limite entre sécurité, respect de la souveraineté et liberté est encore discutée. Les nouvelles technologies sont considérées comme plus dangereuses aujourd’hui, avec la cybersécurité et les cyberattaques, ce qui donne accès à des dossiers censés être privés et qui peuvent mettre en péril des nations et parfois tout un continent. Entre délégations, la paix est un des principaux désaccords et la régulation de l’espionnage est remise en cause.

L’arme nucléaire : entre menace, paix et risque

Dans le comité 4, centré sur l’arme nucléaire, la possibilité du désarmement nucléaire est une des questions majeures. Les États‑Unis sont difficiles à convaincre car l’arme nucléaire est un de leurs principaux avantages, et la dissuasion l’un de leurs premiers atouts qui permet le maintien de la paix. Les alliances permettent la protection des plus petits pays, mais il y a un cap à ne pas franchir : celui d’utiliser l’arme nucléaire pour son propre pays au sein d’une guerre. Pour l’heure, fort heureusement, ce cap n’a pas été franchi. Cette arme maintient donc la paix tant qu’elle est utilisée à des fins persuasives et non contre un pays ennemi.

Finalement, cette journée de MockMUN se termine sur des clauses réussies et un bon ressenti. “C’est une bonne expérience pour prendre confiance en soi, on peut tester plusieurs choses qu’on n’aurait pas forcément testées avant, et on rencontre de nouvelles personnes à qui on n’aurait pas parlé avant”. On espère que la conférence FerMUN 2027 aura un aussi bel impact.

Merci à tous les participants pour cette belle journée!

Malhia Vialle Faundez & Liv Bruckert‑Gagneu

Comité LGBTQ+ : Une Allemagne prête à tout pour se défendre

Depuis des siècles, les personnes appartenant à la communauté LGBTQ+ sont victimes de discriminations, de violences et même de criminalisation à travers le monde. Si des avancées significatives ont été réalisées ces dernières décennies, la situation reste alarmante dans d’autres régions du globe, où l’homosexualité peut encore être punie de mort. Alors que la Déclaration universelle des droits de l’homme proclame l’égalité de tous les individus sans distinction, force est de constater que cette égalité est loin d’être une réalité pour des millions de personnes LGBTQ+. Les délégués du comité sur les droits LGBTQ+ se donnent donc pour mission de trouver un terrain d’entente, afin de trouver des solutions globales face à ces discriminations.

Une première résolution progressiste

Soutenue par l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil et le Canada, l’Allemagne a présenté une résolution appelant à une action internationale plus forte pour protéger les personnes LGBTQ+ contre la discrimination et la criminalisation. La coalition fait valoir que les droits des personnes LGBTQ+ sont des droits humains universels et que les Nations Unies ont la responsabilité de veiller à ce que ces droits soient respectés partout dans le monde. La résolution vise à renforcer le suivi par l’ONU des violences et des abus commis à l’encontre des personnes LGBTQ+, à encourager les pays à adopter des lois contre la discrimination et à garantir l’égalité d’accès à l’emploi, aux soins de santé et au logement. Elle soutient également l’octroi de l’asile aux personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, la promotion de programmes éducatifs inclusifs, la création d’espaces sûrs pour les jeunes faisant partie de la communauté LGBTQ+ et l’abrogation des lois discriminatoires à l’égard de ces communautés. Dans l’ensemble, la résolution présente une approche proactive et fondée sur les droits de l’homme, mettant l’accent sur l’égalité, l’inclusion et la coopération internationale pour lutter contre la discrimination.

Un duel éthique perdu par l’Allemagne

Les débats s’engagent malgré le nombre limité d’amendements. La question de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux et de son influence sur les adolescents est brièvement abordée, la délégation indienne estimant que la suppression de certains commentaires discriminatoires sur les publications pourrait porter atteinte au droit à la liberté d’expression des individus. Peu après, la délégation ougandaise engage un débat important avec la délégation allemande sur une clause encourageant le renforcement de la surveillance internationale des actes de violence et de discrimination à l’encontre des membres de la communauté LGBTQ+ : son principal argument est que cette mesure pourrait ne pas respecter certaines cultures et ne pas être adaptée au niveau de développement de certains pays. La délégation allemande considère cet amendement comme hors de propos, car il n’est pas pertinent et va à l’encontre de l’objectif principal de la résolution, qui vise à protéger la communauté LGBTQ+ contre la discrimination, alors que de nombreuses cultures ne l’acceptent pas. Cet amendement est adopté, la plupart des délégations présentes se ralliant à la délégation ougandaise.

De manière générale, la plupart des pays favorables à cette résolution l’ont clairement défendue, mais les pays opposés ont fait basculer le vote, et la résolution n’a pas été adoptée.

Renata Eva Skaburskas, Ludivine Hemakwa et Melissa Maina

Espionnage interétatique – Des accords surprenants dans une atmosphère ambivalente 

La salle B107, à l’occasion du MockMUN 2026, a été le théâtre d’alliances improbables et de discours tendus. Lorsque l’Iran et Israël s’allient, des questions se posent, surtout compte tenu du contexte géopolitique actuel. Lorsqu’il s’agit de réglementer l’espionnage entre les États tout en préservant la sécurité nationale, les positions traditionnelles peuvent être bouleversées.

Une alliance surprenante au vu de l’actualité géopolitique

L’Israël et l’Iran ont particulièrement retenu l’attention en s’accordant sur la première résolution. Malgré les tensions géopolitiques qui les opposent, les deux délégations se sont retrouvées à travailler ensemble, aux côtés de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord. Tous s’accordent sur la nécessité d’une plus grande flexibilité dans la gestion de l’espionnage entre États. 

Cependant, malgré cette entente de circonstance, l’Iran demeure dans une position plus fragile en raison du conflit qui l’oppose à Israël. Cette situation a donné lieu à des échanges parfois tendus, voire agressifs, entre des délégations pourtant signataires de la même résolution.

Une atmosphère plus détendue de l’autre côté de la salle 

La deuxième résolution, cosignée par le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Brésil, les États-Unis et la Suisse, repose davantage sur les enjeux de sécurité et de protection des civils. Elle met en garde contre les risques d’un espionnage interétatique insuffisamment encadré et défend l’adoption de réglementations plus strictes. Ces pays, bénéficiant d’une situation géopolitique plus stable, ont abordé les débats dans une atmosphère plus détendue, ce qui a facilité l’examen et l’adoption des amendements. Cette sérénité contrastait avec les tensions observées entre les délégations issues de pays en conflit, comme l’Iran et Israël.

Au terme des débats, la salle B107 a démontré que la diplomatie peut parfois faire émerger des alliances inattendues. Malgré des divergences profondes et des tensions persistantes, les délégations ont su défendre leurs intérêts tout en recherchant des compromis, illustrant ainsi la complexité des relations internationales. Cette session soulève néanmoins une question qui dépasse le cadre du MockMUN : jusqu’où les États peuvent-ils coopérer sur des enjeux de sécurité communs lorsque leurs intérêts géopolitiques s’opposent ? Un débat qui reste plus que jamais d’actualité dans le monde contemporain.

Joana Watelet & Flore Gasser Husselstein