ECONOMIE INFORMELLE – Dorothea Schmidt-Klau : Réduire les inégalités en écoutant ceux qui travaillent dans l’ombre

Dans la salle II de l’OIT à Genève, un silence de plomb règne. Chaque délégué est suspendu aux lèvres de Dorothea Schmidt-Klau, cheffe du Service de l’emploi, des marchés du travail et de la jeunesse au département des politiques de l’emploi. Ses conseils sont cruciaux : ils mettent en lumière des aspects de la problématique que les délégués sous-estimaient.

Il est actuellement 9h25, et cela fait bientôt une heure que la salle est silencieuse. Aujourd’hui, les délégués doivent répondre à une question cruciale : Comment contrer les abus que subissent les personnes travaillant à domicile dans l’économie informelle ? Ils doivent construire une résolution concrète et solide qui aiderait à résoudre ce problème. C’est ici que Mme Schmidt-Klau intervient : son objectif est de faire en sorte que la résolution soit complète, réaliste et protectrice pour ces travailleurs. Répondant avec gravité aux questions des délégués, elle les encourage à avancer dans la direction dans laquelle ils s’étaient engagés.

Mme Schmidt-Klau a commencé par souligner l’excellent travail réalisé par les délégués, digne des infrastructures onusiennes où ils se trouvent et où ils incarnent le rôle de diplomates avec sérieux et conviction. Elle a tenu à rappeler aux différentes délégations la place majeure des femmes dans l’économie informelle, tout en insistant sur la nécessité de prendre en compte les nombreuses compétences que possèdent les travailleurs. Elle a ainsi expliqué que “les travailleurs  domestiques informels sont extrêmement compétents […] Nous parlons par exemple ici de femmes qui s’occupent de nos enfants, et je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que si elles n’étaient pas compétentes, ce serait vraiment dramatique”. 

Il lui a ensuite semblé essentiel de soulever un point important afin de clarifier l’objectif que les délégués doivent atteindre, en précisant que “se concentrer sur les travailleurs domestiques, c’est se concentrer sur la réduction des inégalités”.

Mme Schmidt-Klau conclut son argumentation en donnant un conseil crucial aux délégués : “Nous ne voulons pas de dialogue sur les travailleurs domestiques, mais avec les travailleurs domestiques« . Elle a illustré ce point en expliquant que dans son domaine de spécialisation, les sociétés vieillissantes, l’OIT avait voté de nombreuses mesures afin d’aider les personnes âgées. Mais elle a découvert, en parlant directement avec les principaux concernés, qu’ils avaient d’autres besoins que ceux auxquels avaient pensé les diplomates. Il s’agit ainsi de favoriser l’inclusion et l’écoute, des valeurs cruciales pour l’OIT, afin de progresser vers un consensus avantageux et protecteur des travailleurs de l’économie informelle, en particulier ceux domestiques.