Dans la salle II de l’OIT, Jasmine, Charlotte et Rita, présidentes de comité pour FerMUN 2026, se préparent à encadrer les débats sur l’économie informelle. Ceux-ci porteront, pour ce premier jour, sur la manière dont les pays peuvent favoriser l’accès à la protection sociale pour toutes les personnes exerçant une activité dans l’économie grise.
A 11h53, seul le déplacement des admins portant des messages d’un délégué à un autre vient rompre le silence qui s’est abattu. Il est en effet l’heure pour les délégués de rédiger leurs amendements, après une phase de lobbying relativement mouvementée, qui a vu se créer deux alliances. D’un côté, des gouvernements et travailleurs, ainsi que certains employeurs, de pays développés et parfois émergents, souhaitent formaliser l’économie informelle, afin de faciliter administrativement l’accès à la protection sociale pour les travailleurs concernés. Comme l’a affirmé la délégation du gouvernement américain : “Pas de formalisation de l’économie, pas de protection sociale”. Face à eux, les gouvernements et employeurs des pays émergents, dont l’économie dépend en grande partie de l’économie grise, ainsi que quelques travailleurs, estiment que les méthodes proposées par les pays développés et peu concernés par l’économie informelle sont trop brutales. C’est précisément la position de la délégation des employeurs de la Chine, qui souhaite formaliser petit à petit les emplois informels, afin de réduire progressivement l’économie informelle, dans une recherche constante de stabilité économique.
Une assemblée restée plutôt calme
“90% de l’économie de l’Ethiopie est informelle” ont déclaré les travailleurs et employeurs éthiopiens. Cela explique leur désir de transformer l’économie informelle pour avoir de meilleurs salaires pour ses travailleurs, ainsi que de meilleures conditions de travail. Au sein de la première alliance, certains désaccords sont apparus, notamment entre pays développés et émergents sur la question du financement de certaines mesures. Les pays concernés sont finalement parvenus au consensus en communiquant ensemble, illustrant concrètement les valeurs clefs de l’ONU. Malgré ces quelques désaccords, l’assemblée est restée plutôt calme – trop peut-être selon les présidentes. Ces dernières ont noté un petit manque de confrontation entre les opinions, ainsi que des alliances qui ne semblent pas toujours alignées avec la position des pays représentés. C’est par exemple le cas pour des alliances entre employeurs et travailleurs, qui ont pourtant souvent des intérêts opposés. Peut-être ces intérêts vont-ils commencer à apparaître durant la phase de débat ouvert, fragilisant l’alliance formée auparavant ?
Cyrielle Bouline & Djabeur Chahine