DROITS DU TRAVAIL – Des frontières brouillées

Comment garantir à toutes les personnes exerçant une activité professionnelle un salaire vital dans le but de garantir une existence digne et diminuer les disparités économiques ? Dans un monde où l’inflation est en constante évolution et où les salaires se développent différemment, le comité sur le droit du travail s’interroge.

Le mercredi 7 janvier, dans les locaux de l’OIT, le comité sur les droits du travail entame l’écriture de ses résolutions. Face à des enjeux majeurs, alliances et méfiances se dessinent rapidement.

Les frontières sont brouillées, le brouhaha est général. D’un côté comme de l’autre, les délégués s’activent : les ordinateurs chauffent, les sourcils se froncent, les résolutions apparaissent sur les écrans. Parmi toutes ces voix, le Brésil se démarque par sa détermination et attire d’autres pays émergents. Leur objectif ? Réduire les écarts économiques et garantir un revenu minimum adapté en se projetant sur plusieurs années et en demandant à ce que cet objectif soit mené par une nouvelle branche de l’OIT. 

11h30. Les alliances se forment. Cependant, nombreuses sont les délégations dans l’incompréhension : des pays développés tels que l’Allemagne ou les États-Unis se mêlent aux pays émergents. Les États-Unis s’isolent, hésitent, évitent de s’imposer dans les discussions. Beaucoup de délégués justifient cette retenue par le sentiment anti-américain renforcé par les événements internationaux récents. “Je comprends pourquoi les Etats-Unis se mettent avec des pays émergents au vu des actualités récentes” s’exprime le gouvernement de l’Inde.

Plus le lobbying avance, plus l’on constate la création d’un fossé entre les travailleurs,  les gouvernements et les employeurs. Les deux résolutions s’opposent. Celle présentée par le Canada, appuyée par une majorité de gouvernements et d’employeurs, opte pour une approche plus contraignante axée sur des contrôles et des inspections. Au contraire, la résolution du Brésil offre de nombreux mécanismes d’accompagnement. 

Bien qu’en désaccord, les délégués se mélangent et se dispersent de part et d’autre de la salle. Tous semblent ouverts à la discussion et aux propositions d’autres pays. Et si c’était cela l’esprit même du multilatéralisme ? 

Une intervention vitale

Ce midi, M. Delautre, économiste spécialisé dans les politiques d’emploi, a pu éclairer les élèves participants au FerMUN 2026 sur la problématique du comité 1, dans la salle IV du comité des droits du travail concernant les enjeux et projets qui peuvent influencer une évolution du salaire minimum vital.

J’ai toujours été passionné par les enjeux économiques et voulu m’ouvrir à l’international”, lance Guillaume Delautre, membre de l’OIT. Il justifie ici son choix d’entreprendre des études d’économie. Par la suite, il poursuit une formation des droits du travail ce qu’il lui permet de mener une carrière dans l’administration française

Ce midi, M. Delautre a pu offrir des éclairages concernant la problématique du comité 1, qui se penche sur les droits du travail. Le système de salaire vital a pour  projet d’être mis à jour par un calcul du coût de vie de chaque pays, afin de pouvoir modifier le salaire minimum légal. Cette intervention a pu faire réfléchir sur la difficulté de personnaliser le salaire minimal pour chaque personne, en particulier dans des secteurs comme l’agriculture. Durant cette séance, il a également eu l’occasion de relater ses voyages autour du monde. Il a eu l’occasion de beaucoup voyager, de l’Égypte au Rwanda en passant par Genève. Il apprécie particulièrement la ville d’Abidjan en Côte d’Ivoire.

Les délégués ont fait preuve de curiosité, écoutant avec intérêt chaque mot et en posant des questions pertinentes, auxquelles M. Delautre prenait plaisir à répondre.

Les retours ont été plus que positifs sur les éléments  et points de vue apportés durant cette heure. 

“J’ai trouvé l’intervention éclairante en ce qui concerne la nuance entre salaire vital et revenu vital. Cela m’a permis de mieux comprendre les situations auxquelles les agriculteurs font face par exemple” témoigne le gouvernement de Suisse.

La présence de cet expert a apporté aux jeunes délégués de nouvelles précisions et connaissances importantes qui les aideront tout au long du débat. Un échange intéressant  fermant cette première matinée.

Nomin SANJAAJAMTS – Dalanda Eden DIALLO