Au comité des droits du travail, les débats bouleversent les certitudes

7 janvier 2025. La tension monte dans la salle IX de l’OIT. Les États-Unis sont au centre des discussions, malgré les critiques surprenantes dont ils font l’objet pour leur position sur les conditions de travail. Certaines grandes puissances sont divisées, les opinions divergent.

Maintenir un équilibre entre la santé des artistes et des athlètes et les intérêts économiques du pays, tel est l’objectif de la délégation patronale chinoise. Elle révèle ensuite l’émergence de conflits entre les gouvernements américain et chinois. 

La délégation gouvernementale russe a exprimé son souhait de sensibiliser à la santé mentale des artistes. Elle a souligné l’importance de remédier aux lacunes du système des travailleurs indépendants, en particulier dans l’industrie du divertissement. Sans surprise, la Russie a refusé de s’associer aux États-Unis. Mais la raison était pour le moins inattendue : le gouvernement russe a souligné le contraste entre les idées et les objectifs des deux pays, affirmant que les États-Unis sont favorables au salaire minimum et que « les droits des travailleurs ne sont pas largement respectés ». Les débats ont révélé un paradoxe frappant : la Russie a reproché aux États-Unis leur non-respect des droits de l’homme, un renversement symbolique pour un pays longtemps considéré comme un modèle de démocratie. 

D’autre part, la Russie a formé une alliance avec le gouvernement saoudien. Selon ce dernier, “Les relations entre l’État et les travailleurs ne sont pas très développées”. Il reconnaît que son pays est confronté à divers problèmes et que les conditions de travail constituent un véritable défi. Le gouvernement saoudien a reconnu ses difficultés à former des alliances pendant la phase de lobbying. Cela pourrait-il être la preuve d’un manque d’intégration des pays en développement dans les processus décisionnels internationaux ? Malgré cela, l’État s’est allié à la Russie et à la Chine, tout en rejetant l’Europe et les États-Unis, ce qui lui vaut les critiques non seulement des membres de la communauté internationale, mais aussi de ses propres travailleurs. 

Ils soulignent en particulier les mauvais traitements infligés aux travailleurs par les employeurs, qui utilisent la langue comme un outil de déstabilisation. 

Un désordre dans les priorités

C’est également cette délégation de travailleurs américains qui a provoqué un scandale lors de l’assemblée en tentant de s’allier aux gouvernements chinois et russe, ennemis fondamentaux de son pays. Bien que cette proposition ait été rejetée par la présidence comme étant irréaliste, il existe un fossé évident entre le gouvernement américain et ses travailleurs.

Face à la crise des conditions de travail, on peut presque parler d’une coalition des pays émergents et en développement contre les États-Unis, critiquant un désordre dans leurs priorités concernant les conditions de leurs travailleurs. Peut-on parler de propagande de la part de la Russie, de la Chine et de l’Arabie saoudite ? Ou, au contraire, assistons-nous réellement à un renversement des situations géopolitiques ? Les États-Unis, autrefois policiers du monde, bafouent-ils désormais les droits de l’homme ? On peut également se demander si les débats du FerMUN reflètent fidèlement la réalité ou s’ils ne sont qu’une simulation produite par des étudiants qui prennent parfois des libertés avec les positions réelles des pays qu’ils représentent. La finalisation de la résolution permettra peut-être de répondre à ces questions.

Hélène Khukhunaishvili & Agathe Sanchez