OMS – Les Etats-Unis face au monde

Tôt ce matin, dans une salle de l’OIT, la délégation des Etats-Unis s’est faite remarquer en applaudissant et en entraînant toute l’assemblée à faire de même. Son enthousiasme et sa capacité à mener le groupe réussiront-ils à convaincre le reste du monde de se rallier à sa cause ?

La création d’un fonds international piloté par l’ONU est au cœur des débats. Alimenté par l’ensemble des États – en ressources minérales, financières ou matérielles – il aurait pour mission de redistribuer équitablement les ressources médicales, notamment les vaccins. Portée par les États-Unis, la proposition suscite rapidement tensions et stratégies d’alliances.

Dans la salle de l’OIT, une méfiance s’installe. En toile de fond : des enjeux politiques qui poussent plusieurs délégations à nouer des alliances en opposition aux Etats-Unis. “Nous ne sommes pas avec vous”, lance l’UN OCHA lorsque la délégation des Etats-Unis approche. Cette confrontation explicite est renforcée par la suite par une discussion des deux délégués : “Personne ne veut de vous, personne n’a confiance en vous”.

Les Médecins du monde partagent le même point de vue, et partagent leurs doutes quant aux intentions de la délégation des Etats-Unis. D’après eux : “Ils n’ont pas besoin de ressources” et “ils sont unilatéraux et veulent seulement les bénéfices”. 

Réunir tout le monde pour la santé

Néanmoins, certaines délégations comme la délégation du Brésil souhaitent faire des alliances avec les pays plus développés comme les Etats-Unis, mais craignent de ne pas partager les mêmes valeurs qu’eux. Ce manque de confiance mène à la formation d’une belle alliance entre la majorité des délégations. Elle est notamment menée par la délégation du Pakistan et soutenue par les Philippines, confiant avec un petit sourire gêné : “Les Etats-Unis font des promesses, mais leur gouvernement actuel nous laisse penser que celles-ci ne visent pas à aider les pays en développement”. 

La délégation des Etats-Unis défend son point de vue afin de calmer les tensions : “On ne veut pas la guerre, on veut réunir tout le monde pour la santé.” Cependant, les autres délégations doutent sérieusement de leurs intentions. La Chine, par exemple, trouve paradoxales leurs promesses puisqu’elle  a coupé les fonds de l’ONU…

La délégation des Etats-Unis pointe l’écart entre la politique et son idéologie : “le problème de la santé est international et donc complètement à part de la politique”. Pour elle – comme bien des opposants d’ailleurs – “La seule solution est le multilatéralisme”.

Chloé Arnaud et Lilou Fréchet