Dans la salle IX de l’OIT à Genève, les débats fusent. Chaque adolescent se retrouve à défendre une position étrangère à la sienne concernant l’IA. L’enjeu est de taille : définir les droits des travailleurs face à l’influence croissante de l’intelligence artificielle, et mettre en place une justice sociale.
Il est actuellement 11h27, et cela fait bientôt deux heures que la salle est en effervescence. Aujourd’hui, les participants doivent répondre à une question cruciale : quelle est l’influence de l’IA sur les travailleurs ? Les délégués doivent construire une résolution solide qui pourrait aider les travailleurs menacés par l’IA et faire de l’intelligence artificielle un outil d’aide sécurisé pour tous. « L’IA est une force pour le monde », lancent de nombreuses délégations, parmi lesquelles les travailleurs de l’Inde.
Si l’IA présente des avantages, elle est aussi un danger pour de nombreux travailleurs. « Il faudrait faire attention à ce que l’IA ne remplace pas l’humain », alerte la délégation du gouvernement de l’Inde. Un débat important qui concerne plusieurs catégories de travailleurs du monde comme les secrétaires, les journalistes, les artistes, les traducteurs. Clara Nguyen, présidente du comité où s’articulent les débats, apporte son point de vue : « Je pense que l’IA peut être utilisée de manière positive, mais pour cela, nous devons poser une base réglementaire. » Cet avis est partagé par de nombreuses délégations qui insistent sur l’importance de créer une réglementation.
Ce débat passionné résonne d’autant plus fort que les délégués savent qu’ils seront, demain, les premiers concernés en tant que travailleurs. Ils feront alors eux-mêmes face à l’intelligence artificielle et à ses évolutions, des problématiques qui suscitent parfois de l’inquiétude chez eux. Comme l’a fait remarquer la délégation des travailleurs de l’Inde : « J’ai peur, parce que l’IA domine le monde du travail. Il y a beaucoup de postes qui vont être éliminés à cause de cela. » Malgré cette crainte, la délégation reste positive et témoigne de la confiance des professionnels de demain : « Je reste confiante en moi-même ». Ces jeunes délégués comprennent que les débats d’aujourd’hui pourraient être ceux qui animeront les salles de conférences de demain.
Lilya Kabbaj – Elisa Develay